La forêt change. Nous avons contribué à ce changement. Nous ne savons pas exactement ce qu'elle deviendra. Mais nous pouvons encore réfléchir à la manière dont nous vivrons avec elle.
Reclaim est un mot anglais sans véritable équivalent en français. Il peut signifier récupérer, recycler, restaurer, réhabiliter, remettre en circulation ou reprendre possession. En céramique, il désigne l'argile recyclée avant sa cuisson : une pratique où les retailles réintègrent le processus de création.
Avec RECLAIM, Veronika Horlik explore les transformations de la forêt boréale, un paysage qui l'habite depuis son enfance dans les Laurentides et qu'elle connaît de l'intérieur grâce à plus d'une décennie de travail dans les camps de reboisement. Cette exposition prolonge la réflexion amorcée dans son corpus Anthropocène 1.
À l'image du reclaim en céramique, cette exposition reprend certaines œuvres pour leur donner, grâce à de nouvelles créations, un nouveau contexte et une nouvelle résonance. Il ne s'agit plus seulement de se demander : « Que faisons-nous à la forêt? », mais aussi : « Que peut-on encore récupérer, restaurer, réinventer? »
Ces questions trouvent un écho dans Pyrocène (jump), un triptyque inspiré du concept du Pyrocène, proposé par l'historien Stephen J. Pyne, qui définit notre époque comme un âge du feu.
Entre beauté et inquiétude, jeu et gravité, les œuvres invitent à considérer la forêt, même brûlée, comme un territoire en devenir et à repenser notre façon de l'habiter. À l'ère du feu, la forêt se réinvente, avec elle, notre relation est appelée à évoluer.

